Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 00:55
pourquoi juger des êtres ?
pourquoi faire cela, quand bien même les goüts, et les dégoûts ne seraient pas partagés ?
à quoi cela nous servirait-il ? sinon à se refermer, se replier sur soi ? se convaincre de son petit confort personnel, se complaire dans ses propres repères, sa propre intimité.

Il n'y a donc pas d'intérêt à juger si l'on veut s'épanouir autrement que dans un narcisisme intérieur. Mais alors pourquoi le fais-ton, pourquoi le faisons-nous ?

je crois que ce qui est le plus déclencheur c'est lorsque la confrontation des univers se heurte à un mur éthique. Ce n'est pas tant l'autre dans son rapport à nous, que l'autre dans son rapport à l'autre qui nous conduit au jugement. Beaucoup d'êtres affirment pourtant ne jamais s'y pretter. Il peut même y avoir une très forte conviction. Pour autant ça n'empêche guère de se tromper, de se tromper soi-même. Et puis, les menteurs aussi, prétendent beaucoup de chose.

bordel, quand donc l'humain s'interessera t-il davantage à sa propre méconnaissance, pour ne pas dire malhonnêteté, plutôt qu'à celle de son prochain ?
Par de profondis
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Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /Oct /2008 21:50

j'ai toujours été fasciné par les énergies chaotiques qui se consument dans le métro. Je crois d'ailleurs que j'aurai sans doute précipité mon départ de ce laboratoire géant si il n'y avait pas ses souterrains et ses fourmis. Je ne me lasse pas de la multiplicité de visages, d'humeurs, d'expressions qui s'éparpillent ça et là, qui s'offrent en spectacle comme pour mieux narguer la nature du fantôme spectateur.

En rentrant l'autre soir, je n'ai pourtant pas pretter attention à l'homme qui s'était assis en face de moi, trop occupé à mirrer de jolies paysages. un coup d'oeil superficiel par ci par là, pour réconforter ma paranoïa interne, celle qui à la fois me fais sombrer, m'aliène, et en même temps me préserve, instinct de la bête qui à en tête tous les angles, toutes les issues, les moindres détails qui pourraient être utile en cas d'urgence. Je n'ai guère prêté attention à cet homme, la quarantaine bien entamé, le visage impassible, qui jouait comme au mirroir. Le terrain était familier et pourtant ignoré.

En descendant du quai, après avoir gravi quelques marches et longés quelques couloirs, une voix anglaise m'interpella. Ma haute maîtrise de l'anglais étant toujours d'un grand secours je mis quelques secondes à comprendre quel thème on voulait bien évoquer. C'est ça qui est bien quand on est malhabile dans une langue. On est pas surpris par le sujet abordé, mais par ce qu'il peut signifier dans notre propre langue. Je n'ai pas bien saisi, je crois qu'il me demandait si j'étais celte. Ce qui m'a surpris c'est que le personnage semblait fasciné, non pas par l'aspect folklorique de la demande, mais par l'écho de l'ancienne civilisation. Devant l'aisance significative de mes réponses, il me demanda si je parlais français, et je fus soulagé d'entendre qu'il le parlait très bien. Il m'appris qu'il était éthnologue, canadien, métisse d'une mère navaho et d'un père français. Il avait senti quelque chose en moi. J'imagine que l'étrangeté de mes réponses, outre la risible expression franco-saxone dont je faisais preuve, l'avait poussé à poursuivre le dialogue. Lorsque je lui appris que j'étais "the son of the rain", on aurait dit qu'il avait trouvé quelque chose. Nous nous posâmes à un café, dehors, pour que je puisse de temps à autre m'essayé à me tuer.

La rencontre fut des plus intéressante, étrangeté du Livre de la Vie. La Vie se livre à chaque instants, mais certains moment ont un écho particulièrement intense, un de ceux qui résonne au plus profond de l'être. C'était cela qu'il avait senti dans les profondeurs du métro parisien : la vie ! ce qui est curieux car je me sentais relativement bien amorphe et guère vivant. Il m'appris que j'étais un homme médecine et me dit que je n'avais pas épargné mes longs cheveux par quelques soucis futiles d'un renvoi positif du paraître. Il m'appris que mes cheveux avait un pouvoir guerrisseur, que les indiens de sa tribu verrait d'emblé l'homme médecine. Bien sur il y aurait bien l'aspect premier d'homme blanc, lui même me dit-il avait parfois quelques difficultés, bien que sa mère fut navaho. son père avait su manier les gênes de l'aspect. A bien y réfléchir, on peut penser que c'est bien de bon augure, on peut supposer que l'empreinte de sa mère a su opérer la où c'est essentiel, laissant la gloire et la fierté à l'homme blanc, ce crédule avide de pouvoir.

Nous eûmes un curieux dialogue, un curieux mélange de spiritualité, de musique (il pratique la flute et le hand drum et perpetue la musique - et les rites - de ses ancètres depuis qu'il a été chercher son héritage). Je lui évoquais mes recherches personnelles concernant l'énergie et ce que j'avais appris de ces autres indiens, du moins des trésors préservés, bien à l'ombre devant la clareté et l'étincelance de l'hindouisme et du bouddhisme. Il connaissait aussi les énergies. enfin j'avais l'opportunité de mettre en pratique ce qu'il appelait le jeu du miroir. Il me parla des loges à suddation, des incantations des hommes médecines. Il évoqua certains termes en navaho, et fichtre, que cette langue est jolie, une vraie musique de l'âme. Il m'expliqua certains rituels, comment lui même avait égé confronté à la difficulté d'accepter son héritage, guidé par la voix apaisante de son grand-père, lui même homme médecine. Il m'appris que chaman signifiait en réalité chanteur. mais pas chanteur de superette où autres joyeuseté en paillette, non, celui dont le chant guerri. Et c'est à cette fin que les hommes médecine sont consulté. Pour guerrir, aidé par les plantes, en captant les énergies de l'autre monde. Je me suis souvent interrogé sur la culture sud-américaine concernant l'utilisation des plantes, de l'hayawaska notamment mais je n'avais jamais fais le rapprochement avec les énergies. Et puis l'idée de partir la-bas et d'être guidé par un chaman, ne m'enchantais guère, cela semblait bien un véritable périple - certes sans doute fort fantastique - mais qui méritait assurément plus d'ardeur et de passion. Je n'avais jamais fais le rapprochement de l'écho qui existait avec les amerindiens. Et etrangement maintenant, cela n'a plus l'allure de périple. Je resongeais à un de mes morceaux, le seul où j'avais laissé échapé un chant, au teneurs chamaniques - erf, c'était du moins l'intention. Il faudrait que je lui demande s'il connait le sens de la folie que j'avais laissé marmonner.

C'est curieux comment procède la vie. L'homme blanc n'a de cesse de croire que c'est en agissant sur elle qu'il en percera les mystères. D'autres fous comme moi, estiment au contraire que c'est en la laissant agir, nous façonner - que peut-on faire d'autre de toute façon ? cela se passe déjà -, en s'abandonnant à elle qu'on s'autorise à pouvoir percevoir sa magie. Il me répéta plusieurs fois que j'avais la mémoire. Et que c'était cela qu'il cherchait. Je lui fis part de mon ignorance à ce sujet, je ressens des choses étranges certes, mais je suis un être sans racines. Il me parla de l'eau et des autres éléments et de l'importance que cela requierait dans les rituels. Il semblait soulagé de pouvoir ainsi dialoguer, sans être caricaturé, en ayant la sensation d'être écouté avec attention. Il m'appris que pour lui les personnes dans le métro était des fantômes, des esprits enfermés dans la chair. C'était alors cela qu'il avait du sentir en moi, mes errements dans l'espace, les emissions d'énergies, même si je n'ai jamais vraiment la conscience précise de comment cela opère, et c'est errintant d'être dans la confusion à ne pas savoir si l'on ressent parce que l'on est receptif, et que l'on capte quelque chose, ou bien si l'on ressent parce qu'on est actif et qu'on émet.

La nuit était tombé quand nous sommes quittés. Je lui dit d'ailleurs que c'était ces moments que je préfèrais, lorsqu'on laissait s'échapper le temps. Nous échangeâmes nos coordonnés avant chacun de témoigner de cette rencontre. Je lui décris que c'était pour moi une esquisse. Il sembla ne pas comprendre, puis je lui expliquais qu'avant de peindre un tableau, il était souvent coutume de faire une esquisse. Il sourit. Il me dit que s'il connaissait le français, il lui manquait toutefois les interprétations. Après quelques dérives, à propos sur la vie, ensemble, je vis bientôt sa silhouette s'éloigner dans les profondeurs parisiennes.

Par de profondis
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Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /Sep /2008 23:48

elle est curieuse cette sensation, ce sentiment d'être uni à la confusion, comme un époux étourdi peut l'être de l'image de sa belle. Les choses, les événements défilent, la fureur de la vie s'étire et s'étale là juste devant mes yeux, engourdis, incapable de prendre part aux bals des réjouissances. On aimerait rire, à tout du moins sourire des aléas terrestres, mais le corps demeure paralysé, comme emmuré par l'esprit. l'esprit, ce gardien tourmenté par la confusion.

Que faire, quoi dire pour chasser les spectres sans ce réfugier dans l'oubli. Pourquoi cette sensation de blessure, comme si elle demeurait plus profonde ou plus ouverte que le simple amour propre. Il n'y a pourtant cette fois guère de sentiment de méprise, pas de décision d'emprunter un sentier jalonné d'erreurs, mais le désarroi pourtant demeure fidèle à sa première apparition, il persiste et se perpétue à l'image qu'il fut lors de la première blessure.

c'est curieux tout de même comment les choses glissent, comment on en vient à se heurter à des conflits qu'on croyait pourtant bannis. Même en y prêtant une attention extrême, l'être humain est condamné, dans sa sociable animalité, à l'attachement, même si ce dernier s'élabore dans le respect et la confiance.

on courre après ce qui nous échappe, et si cela n'a lieu physiquement on poursuit alors dans l'autre monde.
Par de profondis
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Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /Sep /2008 22:31
les doigts encore  tout endoroli de s'être frotté à ce morceau de bois. Instants musiciens... un jour il faudra que je me décide, bédo time ou instant musical. Je ne parviens résolument pas à concilier l'intensité des deux. Si je gagne vers l'un je perds vers l'autre. L'herbe c'est en quelque sorte un péché mignon. Un péché mignon tout autant que l'amour pour un musicien. C'est triste à dire, d'autant quand il ne reste que l'herbe.

...
    des pas dans l'escalier
    bruits de clefs
    porte qui claque
...

cela fait quelques temps que j'ai délaissé l'écriture maintenant. Je ne saurai dire si cela se compte en années. Dépend de ce que l'on entends par écrire. C'est cela que j'ai aimé chez elle, tout d'abord. Une simplicité des mots. Peut-être est-ce aussi parce que j'aurai aiguisé mes perceptions à saisir, à capter, les présences, qui veillent, et parfois se promènent par et dans les mots. Ses mots à elle me plaisaient, mais je ne suis plus suffisament le même pour désormais en être enchanté. ils laissent maintenant comme un arrière gout de peine, ce qui me fait me dire que moi aussi j'en suis venu à m'être  transformé. Tout change, même l'intérêt ou l'affection que l'on peut porter à un être.

instant citation :
je n'ai jamais été mieux fuis que par les femmes qui m'ont aimé.

curieuse expression, qui m'a bien fait sourire tout à l'heure, quand je m'occupais devant ce bloc jaune, héritage d'un premier couple avorté - qu'il faudra que je songe aussi à changer un jour ! -, à concocter le met qui devait partir en mille volutes de fumée. curieuse, mais tellement vrai !

je ne sais guère si je suis prêt, si je suis guère réconcilié avec l'écriture, cette mère nourricière de mon plus jeune âge. L'aurai-je pour ainsi dire boudé ? hum, ce serait plutôt elle. A tout bien y réfléchir oui... on ne peut en douter.

j'ai la faculté d'être boudé par le féminin, de la musique, en passant par l'écrit, ou bien les femmesi

c'était tellement plus simple d'aimer lorsque c'était interdit. aujourd'hui ce n'est plus interdit, c'est défendu...
je n'ai pas l'âme téméraire, alors il faut bien que je reporte mon affection autre part, en autres lieux. Ce qui me fait penser à ce qu'elle - une autre elle -  me disait l'autre jour, à ce qu'elle me chuchotait, ces anciennes vérités oubliées. c'est tellement simple, d'une simplicité enfantine quand on y pense, et c'est d'ailleurs en cela que ça en est complexe. Je m'y suis "exercé" cette semaine, me laisser aller à éprouver du bien, à accompagner de bien, autrui. Non pas en acte, du moins en actes marqués, mais en silence, en apparent retrait alors que l'intérieur fourmille d'une énergie tout particulière.  Il ne faut évidemment pas chercher de résultats, mais ça fonctionne, le lieu de la communication se connecte assez rapidement consciemment à la vie. J'espère qu'un jour je serai en mesure d'entendre et ressentir pleinement les arbres. Je crois qu'Ils ont beaucoup de choses à partager.
Par de profondis
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 23:15
22 novembre 2004

les entendez-vous les doux chants de la poëtesse endormie ? soupirs de songes, son intime sommeil carresse les racines même de l'arbre, souverain-protecteur au creux duquel son frêle corps s'est niché. Les entendez-vous, ces louanges au suave parfum d'épices ? ils s'étirent sereinement, se répandent dans la douceur de l'air qu'ils éveillent non sans délices. Une respiration profonde rythmant toute une vie intérieure, palpitements délicats, ondulent et ondulent en de mouvements rieurs pour s'offrir au silence en mille résonnances aurifères. Effleurements et tendresse, ils transmuent en écho le souffle même qui fait frémir la terre.
les entendez-vous, les silences respirés ? ils s'avancent à vous tels des mains tendues, chuchotements nacrés dont la chaleur puissante, irise le plus intense appel...
Par de profondis
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 20:50


je ne sais guère si cela à du bon de replonger dans le passé, mais parfois on y échappe pas, la vie nous poussant innexorablement dans ses bras. fichu crapeau, fichue princesse, fichu chaton. c'est vrai que ce souvenir amène la larme à l'oeil. curieuse époque, curieuse rencontre. en suis-je sorti grandi pour autant ? j'ai bien peur que non.



29 novembre 2004

Elle n'est pas revenue, ne m'a pas invité, ni fait cygne d'aucune sorte.
Elle doit être occupé ailleurs. Je ne lui en veux pas, elle a beaucoup à faire. Je me tournerais donc vers ma médiocrité naturelle. tans pis...
Je ne devrais pas m'en soucier mais, cela se pose et s'expose néanmoins dans les méandres de mon esprit : quel sentier emprunter ? me détourner ? me retourner ? gravir d'imaginaires escaliers ? j'en gravis déjà pourtant des escaliers... et non imaginaires, avec cette si douce fleur, sauvage et délicate, et qui accueille mes caresses, et qui me couvre des siennes, et qui partage ses pétales, ses sourires, sa chaleur. Esquisses de chairs, de courbes, qui s'épousent dans les mémoires des corps, dans les mémoires des coeurs. Jusqu'où se consume la sensation de l'ascension ? la chair est encre; le corps intérieur, la toile qui reçoit, en même temps que la danse, le balancement qui anime et effleure l'autre antre, l'autre être, l'autre toile intérieure. Laquelle des deux est la plus éternelle ? la mémoire de l'être ou la mémoire de lettres ?
soupirs... l'inexpression tourbillonne au dedans, et l'appel grandit, encore et encore... un peintre avec ses couleurs et pinceaux et qui désespère de sa cécité retrouvé, s'étouffe et s'étouffe en silence d'un mutisme recraché.
alors, pourquoi ? où est-elle la source ? que dessine t-elle ? impatience indécente...
je l'imagine parfois caressant les contours d'un inconnu en mutation, embrassant doucement les cheveux de son enfant du moment. Elle est toute tendresse, à chaque instant, même dans la violence de l'expression. Elle n'ouvre que les portes, n'est que l'eau qui s'écoule, en tout point, et son enfant lui, ne peut être lac, rivière, ou bien torrent ou cascade. Il n'est que le nivellement du paysage, accidenté ou non, simplement. Il ne dirige pas, il accélère ou décélère l'instant, réduit ou augmente la pression du temps, celle qui palpite en lui et qui souvent le fait frémir... dans l'illusion. Il n'en sait mots mais elle vient à nous pour ces raisons. Ce n'est pas par talent ou par don personnel, non, juste pour l'emboîtement, pour la justesse du moment. L'enfant est matière, poumon intermédiaire, pas Souffle. Et c'est pourquoi elle demeure indemne aux soubresauts intérieurs. En aucune façon ne peut être altérée, en aucune façons ne peut être troublée, car sitôt qu'on le croit elle s'extirpe déjà pour ouvrir la promenade à un autre fol endroit, comblant de ses dons parfois un, deux ou plusieurs autres enfants, et, peu importe qu'ils le sachent eux-mêmes, s'ils s'écoutent respirer, ils en percevront alors la résonance des sentiers.

Quel paysage dessinera-t-elle avec son nouveau promeneur ? promenade aux multiples visages, multiples mais pourtant bel et bien unique.
Ce n'est pas parce que le hasard est un fantasme de la conscience que le livre de la vie demeure déjà écrit. Non, il est comme elle, comme l'eau qui s'écoule, inexorablement. On peut tenter de le saisir mais la tentative restera vaine, l'exprimé est enfant de l'exprimant, enfant de la Mère du monde et Je n'est pas l'exprimant.
Par de profondis
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 00:14
des profondeurs surgira la lumière...

la vie est et restera un mystère. les clins d'oeil se succèdent, les méprises aussi, avec leurs lots de doutes, d'angoisses et de mélancolie. le tout s'emmêle et s'ordonne au grès des regards et des fantaisies. Les instants croisés sont curieux, les renversements aussi.
Je me souviens, la première fois que la vie m'a présenté son être, elle semblait comme entaché dans une sorte de noirceur.
Aujourd'hui elle écrit sur fond blanc. c'est de bon augur, pour elle. L'étrange promeneur lui expérimente le chemin inverse. Peut-être lui faut-il revisiter le gouffre. Peut-être lui faut-il se laisser inviter par l'abîme. c'est curieux comme on peut expérimenter la confusion lorsque les émotions surgissent, lorsque on s'éprend, toxicomane affectif, à refuser les changements.
Elle a changé dit-elle. beaucoup et à la fois bien peu. Son être m'intrigue, me fascine, en même temps qu'il me désharçonne et aussi m'agace. Comment pleinement comprendre qu'on ne désire pas une chose sans son contraire ? Comment être piégé par l'absence lorsque la présence n'est pas de mise. Faudrait-il la transformer en spectre comme pour mieux désordonner ce qui chemine à l'intérieur, au coeur de l'intime ?
C'est affolant comme les moindres regards sur des émotions ainsi réactualisées les ravivent et les intensifient. Comment se mettre à l'abris ? sans nier ? sans refouler ? comment accepter un changement qu'on refuse pourtant. comment l'accepter surtout sans la blessure du temps ? sans sa mesure, sans ses caresses ?
comment renaître à soi, comment refleurir intérieurement ?
hier il y eut les prémisses de cygnes, la vision de la clef qui désamorce le temps de notre condition humaine. Cette clef n'est pas perdue ni ailleurs qu'en nous même. La question serait plutôt pourquoi la faisons-nous disparaître ?
pourquoi ce basculement incessant des profondeurs à la lumière ?
Par de profondis
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Les sentiers du promeneur

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